Séminaire 2012-2013

Usages et écologie des savoirs : vers une constitution mutuelle et réciproque de la connaissance

Le séminaire se tient à Montpellier

Une nouvelle pensée écologique (ou écosophique, dans les termes de Félix Guattari) du savoir questionne à la fois la forme du séminaire (l’agencement d’une réflexion collective) et son contenu (un savoir qui s’élabore en tant que bien commun) ; elle interpelle également les formes d’activité et de lutte (les rapports de savoir, militants et professionnels).

La prochaine séance du séminaire aura lieu en janvier 2013, le lieu et la date seront fixés ultérieurement.

La participation au séminaire est libre et gratuite.

Séance du mercredi 21 novembre 2012

Où sont les nouveaux courants nomades ? Qu’est-ce qui leur permet de faire mouvement ? Qu’est ce qui les empêche de le faire ? Comment peut s’articuler un mouvement mondial nomade de notre temps ? En fait, comment peut se faire une représentation de la société civile mondiale (qui n’est en fait qu’une société nomade) sans entrer dans des contraintes politiques et des contraintes du marché ? Quelles politiques vont / ne vont pas à l’encontre du nomadisme ?

1ère expérience nomade

À chaque fois que je chausse mes patins, que je pars de chez moi, un nouvel obstacle inconnu que j’affronte, une nouvelle odyssée s’éveille, je rentre à la maison, je déchausse et je rêve, encore…

2e expérience nomade

Le nomadisme n’est pas prioritairement une question de déplacement, de multiplication des déplacements mais plutôt une question d’investissement non borné de l’espace. Le nomade n’est pas tant celui qui se déplace, à l’encontre du sédentaire, mais celui qui ne reconnaît pas de frontières à son espace de vie. Il peut rester sur place tout en se rapportant à un espace non délimité, un espace dont l’horizon ne se ferme pas. Son regard n’est pas interrompu. Son imaginaire n’est pas retenu. Le nomade est celui qui se tient toujours au milieu, en plein milieu, quel que soit l’endroit où il se tient.

3e expérience nomade

J’ai un manque de mémoire, ou je cultive un manque de mémoire, chaque texte que je lis, une nouvelle idée sourit, l’histoire ne s’écrit qu’avec celle que réinvente demain!

4e expérience nomade

Se rencontrer, c’est pratiquer une forme d’expatriation volontaire. C’est s’éloigner de soi et accepter de s’approcher de l’autre, à l’occasion d’une conversation, d’une promenade, d’une coopération. La rencontre est nomade. La rencontre est une forme d’extraterritorialité réciproque.

5e expérience nomade

À chaque fois que je prends une grosse chute en roller, à chaque fois je me dis que j’ai trop réfléchi avant de faire, à chaque fois j’arrête pour devenir muret/curb/rambarde, à chaque fois j’arrive à glisser! Si avant de sauter dessus tu réfléchis à la difficulté de sauter dessus, ne pleure pas!

6e expérience nomade

La créativité du rap tient tout entier dans son nomadisme musical et langagier. Le rappeur traverse les langages et ne s’y arrête pas ; il se les approprie tous mais n’en assimile aucun. Il s’insinue sans se laisser retenir. Il fait vibrer le mot en le projetant dans un univers qui n’est pas le sien ; le mot alors se heurte, s’expose, résonne ; il vibre de tous ses sens. Le rappeur confronte le mot à son étrangeté. Il le transpose, le déracine. Le mot ne s’appartient plus ; il dérive. C’est un mot-passage, un mot de passage, un mot kidnappé qui s’affranchit de son usage. Le rap vagabonde.

7e expérience nomade

L’écriture s’est un moment particulier ou tu éponges ton être pour l’éradiquer de toute sa connerie! C’est pour cette raison que mon écriture ne sera toujours qu’une connerie, mais mes mots, mes chansons, feront mouvement avec le vent, l’océan, car leur rythme s’étend à une autre dimension, encore inconnu, par moi…

éNième expérience nomade…

Thomas Augereau & Pascal Nicolas-Le Strat